Le charme du serpent | Compagnie LAeA Aller au contenu principal

Le charme du serpent

Soumis par Michel Alain Rakotobe le mar 05/03/2019 - 16:27

 Sur des musiques composées par le studio Abydos Music, Marc Olivieri pose ses paroles et sa voix avec des mélodies qu'il imagine pour nous afin d’assembler cet album "Le charme du serpent". Il faut dire que cette œuvre succède au premier opus "Chasseur d'étoiles", elle fait donc partie d'une trilogie que l'artiste espère, selon ses propres mots, boucler en ces débuts de l'année 2019.

Que nous réserve alors ce "petit" revirement de Marc Olivieri vers la musique? Lui qui évolue plutôt dans le domaine de l'écriture avec toutes les réalisations qu'on y lui connaît (autobiographie ici). D'écrivain, scénariste mais aussi parolier, Marc Olivieri trouve certainement au travers de ses chansons un autre moyen d'expression, tout en mélodie et en poésie.

On sent bien en écoutant l'album "Le charme du serpent" le legs de la chanson française, des rocks, des musiques actuelles et leurs techniques, on imagine bien toute l'étendue de l'inspiration qui a dû l'animer dans ses choix mélodiques et poétiques. 

Album inscrit dans notre temps, dans ces temps d'incertitude certaine, de l'éphémère durable, du vrai mensonge, on ressent le désir de l'artiste de ne pas se laisser emporter.

Quoi de mieux alors que débuter l'album sur un titre éponyme, on est tout de suite transporté dans une ambiance orientale, comme dans un désert saharien ou une jungle indienne, où il fait bon se perdre. Là, les mots deviennent des flammes dansantes, des serpents langoureux, prêts à piquer pour injecter un hypnotisant venin, fort agréable au demeurant, c’est « Le charme du serpent ».

"La Poderesa", oui! la puissance des rythmes latins, leurs sensualités, l'on danserait une salsa bien volontiers sur cet air là, tout en chantonnant ce refrain "j'ai un numéro...".

L'ambiance suivante revient sur un air plus proche de ceux que l'on connaît mieux dans l'hexagone, "Nuit d'insomnie", nous donne certainement pas d'insomnie mais berce par un refrain très mélodique, qui semble nous conter une histoire passée, présente, future?

Ah "Enfoirés", j'aurais eu pour ma part un autre mot, beaucoup plus vert... mais sur une mélodie entêtante, enivrante, encadrée par un piano, une clarinette et une basse, j'écoute surtout les paroles. Effectivement, il y en de beaux, les... mais toujours garder un peu de dignité, il ne sert à rien de se plaindre, on dira qu'on est un peu tous, des Samedi Dimanche Fête. Les allusions à certaines actualités sont nombreuses, on se fait plaisir à les deviner.

Sur un titre utilisé aussi par Charles Baudelaire, "L'heautontimoroumenos" dont la traduction du grecque outre la prononciation qu’en chante Marc Olivieri, a quelque chose de très, très vivifiant; "bourreau de soi-même" emprunte dès lors une rythmique assez funk. Ici il est question certainement de la solitude qui accompagne souvent l'imagination créatrice, c'est donc une chanson sur laquelle on pourra méditer longuement, un verre d'"avec modération" en dégustation.

"Ci-Djhiad" est une chanson qui parle, au moins en partie, d'une plaie de la société, le terrorisme confessionnel. Il serait difficile d'en parler sur une gigue, la musique comme enveloppée du sanglot d'un instrument à corde, s'accorde parfaitement à un sujet si grave.

Vivre, c'est vieillir, "Senex" l'évoque sur une mélodie quasiment enfantine, touchante, emprunte d'un peu de la mélancolie qui accompagne les anniversaires à partir d'un certain âge, que l’on espère qu'il ne soit pas le dernier, malgré les réticences du corps.

Sur un rythme trance, le genre musical électronique, pas l'autre genre, bien qu'ils soient tous appropriés,  dans "Dante le styx et moi", Marc Olivieri semble nous raconter ses souvenirs, pas tous faciles à vrai dire, mais qui tous font grandir. L'utilisation de l’auto-tune pour la voix se marie bien avec l'ambiance électro.

"A celle qui se meurt" rappelle les "slows" d'à partir des années 80. Cependant le sujet de la chanson est le départ d'un être aimé, un être que l'on a tous aimé assurément. Quel amour? filial, érotique, amical? à chaque auditeur de le ressentir.

"Jack London", représente probablement ici le désir de l'inconnu, d'aller à l'aventure. C'est sur une musique de style R'n'B des plus réussie, que l'artiste raconte des voyages, des départs, des arrivées, et tout ce qu'il y a de plus plaisant, ou pas, entre.

L'on peut trouver du disco dans cet album, agrémenté d'une rythmique reggae. "Sans Théo", chanté avec un peu d'auto-tune, ce qui va bien, est-il un titre biographique? La danse en tout cas peut facilement s’immiscer. Une perspective serait celle de Vincent.

Il y a aussi ce conte, "Jardins d'émois", une atmosphère médiévale entoure ce titre par l'instrumentation. Tout comme les paroles qui content les tribulation d'une belle. Le maître du château serait un "François". La belle, qui est une bergère, une roturière, serait désirée par le roi. Mais se refusant à lui au commencement, cède à ses avances, pour finir remplacée du fait de la lassitude du roi à son égard. Allusions?

Reggae! C'est résolument ce style qui est ici employé par Marc Olivieri sur "Alone À Babylone" pour faire une référence explicite à la solitude du poète. Points de vue, de vie, d'un poète. Dans la "culture reggae" la plus commune, il semblerait que Babylone représente le "système", une idée de corruption capitalistique, matérialiste, pour celui qui aspire à une vie simple, dématérialisée?

Pour conclure cet album, "Love Trance" par son rythme pulsatif, le style auto-tuné du chant, par les paroles exprimant une réelle tension, comme un râle de plaisir ou de douleur, serait la musique appropriée à un dancefloor surchauffé. De quoi redescendre en douceur de trop d'extases tout en restant dans le rythme. 

On peut le voir et bien sûr l'entendre par tous les styles utilisés par Marc Olivieri, que son deuxième album "Le charme du serpent" est très éclectique en terme musical. Cela traduit toutes les écoutes nombreuses qu'a pu faire l'artiste, dans son parcours de vie, assurément fournie en expériences . Ce qui lui a été très utile afin de marier ses textes poétiques à des mélodies qui peuvent provoquer en nous des sortes de "déjà-vu" ou entendu, tout-à-fait réconfortant, mais en tout cas toujours agréables à être ré-appréciées à l'aune de cette création.

Que nous réserve donc le final de cette trilogie? On le saura dans les mois qui viennent.

Soumis par Michel Alain R… le Mardi 5 mars 2019 - 16:27
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Mardi 5 mars 2019 - 16:27

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